Je ne manquais pas de travail cette semaine encore, mais j’ai réservé mon mercredi pour me rendre à Saint-Georges de Beauce afin d’assister à une présentation de solutions numériques de Conception Assistée par Ordinateur CAO et d’une technologie de prototypage rapide.
Les logiciels de CAO présentés étaient par Jocelyn Lavallé de la société Autodesk. J’ai été heureux d’apprendre qu’Autodesk semble se réveiller (peut-être un peu tard…) en présentant une meilleure intégration entre ses logiciels (Autocad, Inventor, 3D Studio, etc.), mais surtout, l’acquisition du très connu et reconnu (aux É.U. surtout) logiciel Alias.
De l’autre côté, Alain Bilodeau de la société A&A était fier d’introduire au Québec les imprimantes 3D de ZCorp. Cette entreprise évolue dans le domaine documentaire et des imprimantes (papier) depuis plusieurs années. Étant visionnaire, elle a perçu l’intérêt grandissant pour le prototypage rapide et comme les machines de ZCorp sont à la base des imprimantes à jets d’encre sur les stéroïdes, elle y voyait une cohérence au plan « marketing ».
Je connais relativement bien les différentes technologies de prototypage rapide. Cela existe depuis plus de 10 ans maintenant. Mon intérêt n’était pas tant de m’informer sur les capacités de ces imprimantes, mais plutôt sur l’intérêt qu’une institution d’enseignement en design industriel devrait porter à ces technologies.
Si vous ignorez ce qu’est le prototypage rapide, c’est que vous n’êtes pas en design industriel… Comme son nom l’indique, il est question de fabrication d’objets grâce à des outils qui en accélèrent la fabrication. Traditionnellement, la validation grâce à des maquettes ou prototypes était le fruit du travail de maquettistes, modeleurs (modélistes) et autres artistes du 3D aptes à faire des miracles avec la matière. Aujourd’hui, avec les délais de développement toujours plus courts, les compétences de ces professionnels presque disparus, les coûts à la baisse des machines, la hausse des salaires, mais surtout la numérisation du travail… on se retourne vers des technologies numériques où la précision est impressionnante et où les délais de livraison le sont encore plus.
Il existe plusieurs technologies de prototypage rapide, mais elles se déclinent essentiellement en deux familles où les enfants sont parfois des jumeaux de par leur ressemblance ou au contraire, des enfants adoptés.
On peut en effet « donner vie » à un objet issu d’un processus numérique (CAO) en soustrayant de la matière à un bloc (soustraction), ou au contraire, en ajoutant successivement des « couches » de matière (addition). Je ne compte pas faire une liste exhaustive des technologies ici, ce n’est pas mon objectif. Il existe de nombreux sites qui traitent de ce sujet, dont celui-ci qui regroupe beaucoup d’information.
La première famille (soustraction) est la moins « populeuse » : l’usinage rapide. L’usinage peut en effet être considéré comme du prototypage rapide, surtout si on considère les nouvelles machines à haute vitesse (high speed machining). Les matériaux sont nombreux : bois, polymères (thermodurcissables ou thermoplastiques), métaux.
La seconde famille (addition) présente de nombreux enfants dont certains partagent des ressemblances évidentes. La poudre (minérale ou organique) est souvent utilisée pour construire l’objet. Ce qui unifie cette poudre peut être un laser ou un liant liquide. Dans un autre cas, le même laser solidifie une résine photosensible au lieu d’une poudre. Dans un autre cas, une petite buse extrude un fil de polymère pour construire la pièce. (Lire la suite…)




