Sans le savoir, vraiment ? Heu, non, pas tout à fait…
Les designers industriels contribuent à l’optimisation des produits. Un produit bien optimisé est un produit « correct » au point de vue de l’environnement n’est-ce pas ?
En réalité, l’optimisation de produit (au niveau matériel pour ce propos) est une compétence reconnue des designers industriels. Les ingénieurs aussi pratiquent l’optimisation, c’est, à mes yeux, une de leur force. Pour un concepteur de produit, arriver à faire plus avec moins est un objectif fort enviable. Non seulement l’optimisation permet de réduire les coûts (ce qui intéresse les manufacturiers ainsi que leurs actionnaires au plus haut point…), elle permet de réduire les intrants ainsi que les extrants, ce qui devrait contribuer à une plus faible trace de l’objet dans son environnement. De plus, avec une sélection appropriée des procédés, de matériaux et de stratégies d’assemblages qui permettent le recyclage, notre travail de designer responsable était fait n’est-ce pas… C’était, jusqu‘à tout dernièrement, ma perception de la contribution des designers à la conception de produits plus « verts ».
Tout cela est bien évident me direz-vous ! Hé bien ce n’est pas si simple…
Bien que la réduction du nombre de pièces, l’optimisation des fonctions, la recherche des assemblages appropriés, la sélection adéquate des matériaux, etc. puissent contribuer au développement d’un meilleur produit au point de vue de l’environnement, il faut chercher plus en profondeur pour obtenir la juste évaluation de nos efforts.
Il faut, en fait, analyser le cycle de vie du produit. Et ce n’est pas une mince affaire, car le problème selon moi est d’obtenir de données justes et vérifiables, basées sur la réalité propre du manufacturier. Par exemple, on pourrait croire que l’utilisation de biopolymères représente une solution écologique pour remplacer les polymères qui proviennent des sous-produits du pétrole. Le pétrole est une ressource non renouvelable, c’est connu. J’aimerais cependant qu’on me démontre que l’amidon de maïs qui est la base de certains de ces nouveaux biopolymères n’engendre pas une surconsommation de pétrole pour la culture du maïs, qu’on n’utilise pas du maïs transgénique du genre BT, qu’on ne pollue pas la nappe phréatique avec des engrais chimiques, qu’on ne rase pas de forêts pour planter du maïs, etc. On peut faire un parallèle avec le biodiesel aussi, peut-être…




